28 mai 2026 3 min de lecture Islamologia

Salomon : apostat dans la Bible, innocenté dans le Coran

BibleCoran

À l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu. Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l’abomination des Ammonites.

1 Rois 11:4-5

Et ils suivirent ce que les diables racontaient à propos du règne de Solayman. Or Solayman n’a jamais été mécréant ; mais ce sont les diables qui ont été mécréants.

Coran 2:102

Salomon — Sulayman en arabe — est l’un des plus grands rois prophètes des trois traditions. La Bible et le Coran s’accordent sur sa sagesse exceptionnelle. Mais sur la fin de sa vie, le récit biblique décrit une chute spirituelle stupéfiante : idolâtrie, hauts lieux érigés pour des divinités païennes. Le Coran réfute ce portrait, et le fait de manière explicite.

Ce que dit la Bible : Salomon glissant dans l’idolâtrie

Le premier livre des Rois raconte qu’à la fin de sa vie, Salomon, séduit par ses femmes étrangères, abandonne la fidélité au Dieu d’Israël : « À l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu »1.

La Bible nomme les divinités vers lesquelles Salomon se serait tourné : « Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l’abomination des Ammonites »2. Pire encore, il aurait fait bâtir des hauts lieux pour ces dieux étrangers : « Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l’abomination de Moab, et pour Moloc, l’abomination des fils d’Ammon »3.

La Bible précise par ailleurs qu’il aurait possédé sept cents princesses et trois cents concubines — soit mille femmes — étrangères pour la plupart, qui auraient « détourné son cœur ».

Ce que dit le Coran : la réfutation explicite

Le Coran rejette frontalement l’accusation d’apostasie portée contre Salomon. La sourate Al-Baqarah dit : « Et ils suivirent ce que les diables racontaient à propos du règne de Solayman. Or Solayman n’a jamais été mécréant ; mais ce sont les diables qui ont été mécréants »4.

Cette défense est unique. Allah affirme directement :

  • Que Salomon n’a jamais sombré dans la mécréance — formule explicite.
  • Que ce sont les diables qui ont propagé ces récits d’idolâtrie et de sorcellerie.
  • Que la sagesse et la science de Salomon viennent d’Allah, non d’arts occultes.

Le Coran présente Salomon comme un roi-prophète humble, sans cesse tourné vers son Seigneur : « Quel bon serviteur ! Il était plein de repentir »5.

Une défense unique

Là où la Bible décrit la chute morale d’un prophète à la fin de sa vie, le Coran l’innocente nommément en attribuant l’accusation aux diables eux-mêmes. C’est l’une des défenses les plus explicites du Coran contre une accusation biblique. Salomon, dans la mémoire coranique, reste le serviteur fidèle, le roi sage, et le pénitent constant — non l’apostat de la vieillesse.

  1. 1 Rois 11:4 (Louis Segond). ↩︎
  2. 1 Rois 11:5 (Louis Segond). ↩︎
  3. 1 Rois 11:7 (Louis Segond). ↩︎
  4. Coran 2:102, traduction du Complexe du Roi Fahd. ↩︎
  5. Coran 38:30, ibid. ↩︎