28 mai 2026 3 min de lecture Islamologia

David : l’adultère biblique réfuté par le Coran

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David écrivit à Joab : « Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure » — afin de couvrir l’adultère commis avec Bath-Schéba, femme d’Urie.

2 Samuel 11:15

Endure ce qu’ils disent, et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force. Il était plein de repentir.

Coran 38:17

David — Dawud en arabe — est, dans les deux traditions, un grand prophète et un grand roi. Mais sur un épisode précis, leurs récits divergent gravement. Selon la Bible, David a commis adultère avec la femme de l’un de ses soldats, puis a fait tuer ce dernier pour couvrir l’affaire. Selon le Coran, David est l’image même de la vertu, de la force et du repentir constant.

Ce que dit la Bible : adultère et meurtre prémédité

Le deuxième livre de Samuel raconte la scène avec une précision troublante. David, depuis la terrasse de son palais, aperçoit Bath-Schéba, femme d’Urie le Hittite, en train de se baigner : « Un soir, David se leva de sa couche ; et, comme il se promenait sur le toit de la maison royale, il aperçut de là une femme qui se baignait, et qui était très belle de figure »1.

Il la fait amener, abuse d’elle, et elle se trouve enceinte. Pour couvrir l’adultère, David rappelle son mari du front en espérant qu’il rentrera chez lui. Comme Urie, par fidélité à ses compagnons d’armes, refuse de se reposer, David écrit alors une lettre fatale à son général : « Placez Urie au plus fort du combat, et retirez-vous de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure »2.

Urie est tué selon le plan. David épouse Bath-Schéba. Le prophète Nathan vient ensuite lui reprocher son crime sous la forme d’une parabole. David se repent — mais le crime est consommé.

Ce que dit le Coran : un prophète éprouvé, pas un coupable

Le Coran décrit David tout autrement. Aucune mention d’adultère, aucun meurtre commandité. Il est au contraire désigné comme « doué de force » et « plein de repentir » : « Endure ce qu’ils disent, et rappelle-toi David, Notre serviteur, doué de force. Il était plein de repentir »3.

Le Coran rapporte effectivement une mise à l’épreuve de David — mais sous forme d’une parabole judiciaire, non d’un crime moral. Deux plaignants se présentent à lui : l’un possède quatre-vingt-dix-neuf brebis et réclame la brebis unique du second. David comprend qu’il s’agit d’un test spirituel et réagit avec la dignité d’un prophète : « Et David comprit que Nous l’avons mis à l’épreuve, demanda pardon à son Seigneur, tomba prosterné et se repentit »4.

Aucune trahison conjugale. Aucun meurtre. Une épreuve spirituelle traversée avec gravité et repentir.

Une réécriture qui sauve la dignité prophétique

La Bible fait de David un homme qui succombe à la convoitise, puis ordonne un meurtre pour le couvrir. Le Coran présente la même figure royale et prophétique sans aucune ombre de ce type. Il est « doué de force et plein de repentir » — c’est le portrait inverse : celui d’un prophète préservé.

  1. 2 Samuel 11:2 (Louis Segond). ↩︎
  2. 2 Samuel 11:15 (Louis Segond). ↩︎
  3. Coran 38:17, traduction du Complexe du Roi Fahd. ↩︎
  4. Coran 38:24, ibid. ↩︎