Angleterre, XIXe siècle. Pour se baigner sans être vue, une femme entrait dans une cabane montée sur roues ; un cheval la tirait jusque dans la mer, et une bâche la dérobait aux regards jusqu’à ce qu’elle soit immergée1. Cette scène, qu’on croirait tirée d’un autre monde, date d’à peine cent cinquante ans — en pleine Europe chrétienne.
Pour se baigner sans être vue, la femme se changeait dans une cabane à roues tirée dans la mer ; on ne devait rien apercevoir d’elle.
Cabines de bain, Angleterre, XIXe s.
Qu’elles ne montrent de leurs atours que ce qui en paraît, et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines.
Coran 24:31
La pudeur féminine était sacrée : se montrer dévêtue, même à la plage, était impensable.
L’ère victorienne
« Quand la femme atteint la puberté, rien ne doit paraître d’elle, sinon ceci et ceci » — le visage et les mains.
Hadith — Abû Dâwûd
La pudeur, jusque dans la mer
La « machine de bain » (bathing machine) fut, tout au long du XIXe siècle, l’accessoire indispensable de la plage en Angleterre, mais aussi en Europe et aux États-Unis. Une femme respectable ne se serait jamais montrée en tenue de bain : elle se changeait à l’abri, était roulée dans l’eau, et n’en ressortait qu’invisible, drapée d’une longue robe de flanelle. La pudeur n’était pas une option, c’était la règle. Ces cabines ne disparurent qu’autour de 1900, balayées par des mœurs « plus relâchées »2.
Exactement la règle islamique
Or cette exigence est, presque mot pour mot, celle de la jurisprudence islamique. Le Coran ordonne à la croyante de ne laisser paraître « de leurs atours que ce qui en paraît »3, et le Prophète ﷺ précise, devant Asmâ’, qu’une fois pubère, « rien ne doit paraître d’elle, sinon ceci et ceci » — en montrant le visage et les mains4. Couvrir tout, hormis le visage et les mains : c’est très exactement la décence que la cabine de bain victorienne poussait à l’extrême.
Et la Bible l’ordonne aussi
Cette pudeur n’a rien d’une invention musulmane : elle est biblique. Paul exige que la femme se couvre la tête : « s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile »5. Il veut des femmes « vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie »6. Et déjà dans la Genèse, Rébecca, apercevant son futur époux, « prit son voile, et se couvrit »7. Le voile et la réserve y sont la marque de la femme vertueuse.
Conclusion
Ce que l’on raille aujourd’hui comme une « oppression islamique » était, hier encore, la décence ordinaire de l’Europe chrétienne — et l’ordre exprès de la Bible. L’islam n’a pas inventé la pudeur : il l’a conservée, quand l’Occident, en une poignée de décennies, l’a jetée à la mer.
- Bible citée selon Louis Segond ; Coran selon la traduction du Complexe du Roi Fahd (Hamidullah). ↩︎
- Sur les bathing machines et leur disparition au tournant du XXe siècle, voir les sources d’histoire sociale (ex. History Hit, Mimi Matthews). ↩︎
- Coran 24:31. Selon l’interprétation majoritaire (rapportée d’Ibn ʿAbbâs), « ce qui en paraît » désigne le visage et les mains. ↩︎
- Rapporté par Abû Dâwûd. C’est la base de la position majoritaire (jumhûr) : tout le corps est couvert sauf le visage et les mains. Une minorité de savants y inclut aussi le visage. ↩︎
- 1 Corinthiens 11:6 (Louis Segond) ; cf. 11:5 et 11:13. ↩︎
- 1 Timothée 2:9 (Louis Segond). ↩︎
- Genèse 24:65 (Louis Segond). ↩︎