21 juin 2026 3 min de lecture Islamologia

Pharaon « dieu vivant » : ce que le Coran affirme et que la Bible ignore

Dans le Coran, Pharaon ne se contente pas de défier Dieu : il se proclame lui-même divinité1. La Bible, elle, n’en dit pas un mot. Et c’est pourtant le Coran que l’égyptologie viendra confirmer — bien des siècles plus tard.

BibleCoran

Qui est l’Éternel, pour que j’obéisse à sa voix, en laissant aller Israël ? Je ne connais point l’Éternel, et je ne laisserai point aller Israël.

Exode 5:2

C’est moi votre Seigneur, le très-haut.

Coran 79:24 — An-Nâziʿât

Un roi qui se prend pour un dieu

Dans le Coran, la prétention de Pharaon est explicite et répétée. Devant son peuple, il déclare : « C’est moi votre Seigneur, le très-haut »2. Ailleurs, il revendique le monopole du divin : « Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous, autre que moi »3. Pharaon ne se dit pas seulement roi : il se dit dieu.

Le silence de la Bible

La Bible ne dit rien de tel. Dans l’Exode, Pharaon n’est qu’un roi humain, orgueilleux et entêté, qui refuse de reconnaître le Dieu d’Israël : « Qui est l’Éternel, pour que j’obéisse à sa voix, en laissant aller Israël ? Je ne connais point l’Éternel »4. Il défie Dieu, mais ne se prend jamais pour un dieu.

Tout au plus un oracle bien plus tardif, celui d’Ézéchiel, lui prête-t-il une vague prétention démiurgique : « Mon fleuve est à moi, c’est moi qui l’ai fait »5. On est loin, très loin, de la revendication coranique.

Ce que révèle l’égyptologie

Or c’est le Coran qui dit vrai. Aux yeux des Égyptiens, le pharaon n’était pas un simple souverain : il était un dieu vivant, incarnation d’Horus et fils de Râ. Et Ramsès II — le pharaon que beaucoup identifient à celui de Moïse — poussa l’auto-divinisation jusqu’au bout : dans son grand temple d’Abou Simbel, il se fit représenter et adorer parmi les plus grands dieux, assis à leurs côtés (Amon, Râ-Horakhty, Ptah)6. Le souverain d’Égypte se faisait bel et bien dieu.

Mais ce savoir est récent. Les hiéroglyphes sont restés illisibles près de mille cinq cents ans, jusqu’à leur déchiffrement par Champollion en 1822, grâce à la pierre de Rosette7. L’égyptologie qui confirme la divinité du pharaon est donc née plus de douze siècles après le Coran.

Conclusion

La question est dès lors toujours la même. Les sources dont disposait l’Arabie du VIIe siècle — au premier chef le fonds biblique — ignorent totalement que Pharaon se prenait pour un dieu. Le Coran, lui, l’affirme avec précision ; et la science qui le confirme n’a déchiffré les pierres d’Égypte que douze siècles plus tard. Un détail de plus que rien, à l’époque, ne permettait de connaître.

  1. Bible citée selon Louis Segond ; Coran selon la traduction du Complexe du Roi Fahd (Hamidullah). ↩︎
  2. Coran 79:24 (Complexe du Roi Fahd). ↩︎
  3. Coran 28:38 (Complexe du Roi Fahd). ↩︎
  4. Exode 5:2 (Louis Segond). ↩︎
  5. Ézéchiel 29:3 (Louis Segond) — texte très postérieur à l’Exode, et qui reste loin d’une revendication de divinité. ↩︎
  6. Le grand temple d’Abou Simbel était dédié à Amon, Râ-Horakhty et Ptah — et à Ramsès II divinisé lui-même, dont la statue siège parmi ces dieux dans le sanctuaire. Sources : World History Encyclopedia ; Encyclopædia Britannica. ↩︎
  7. Les hiéroglyphes furent déchiffrés par Jean-François Champollion en 1822, à partir de la pierre de Rosette (découverte en 1799). Des auteurs gréco-romains (Hérodote, Diodore) évoquaient déjà, en gros, la divinisation des rois d’Égypte ; mais ce fonds n’était pas la source du milieu arabe, et seule l’égyptologie moderne en a donné la confirmation précise et monumentale. ↩︎